Critique de la conférence de Laurent Bloch aux RMLL 2007
Par nicofrand le mercredi 5 septembre 2007, 15:51 - Web - Lien permanent
Laurent Bloch a donné une conférence à Amiens aux 8emes RMLL du 10 au 14 juillet 2007 sur l’identité sur le web. Je n’y étais pas mais j’ai récemment regardé la vidéo de cette dernière: la vidéo de la conférence sur l’identité web . Et, puisqu’un blog peut exister pour d’autres raisons que pour l’argent, contrairement à ce que semblent penser certains ( cf. Jack Lewis ) (non je ne ferai pas de lien vers ce blog
), je poste donc cet article afin de recevoir des critiques de personnes ayant également vue cette vidéo ou même ayant participé à la conférence ( on ne sait jamais
). Je peux très bien avoir mal compris ce dont il parlait ou même, si ce n’est pas le cas, avoir une idée critiquable sur le sujet.
Premièrement, la question de l’anonymat sur wikipedia. Laurent Bloch reproche à wikipedia d’être une dictature dans le sens où l’anonymat règne. Il ajoute que dans un magazine scientifique par exemple, on accorde un certain crédit à l’article en fonction de la personne qui l’a écrit et que ceci manque à wikipedia afin d’en assurer la sûreté.
Cependant je voudrais rappeler que les participants non enregistrés voient leur adresse IP enregistrée et donc dans le cas d’une diffamation, on peut bel et bien retrouver l’auteur .
Un autre point abordé par L. Bloch est la falsification des informations par des entreprises. Or Wikiscanner permet justement de contrôler cet aspect là, comme le rappelle l’anecdote :
Une modification de l’article MSN Search, affirmant entre autres que MSN Search est un concurrent majeur de Google, Yahoo et autres, a été effectuée par l’agence de relations publiques de Microsoft !
[1].
Pour ce qui est de la “réputation” et ainsi de la crédibilité de l’auteur, la page http://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisateur:Pseudo n’existe pas pour des prunes et permet de se présenter. Ainsi dans l’historique de chaque page on peut voir qui a créé ou modifié l’article et ainsi juger de sa qualité…
Il faut tout de même avouer qu’un système d’identité plus mature serait le bienvenu sur wikipedia. On peut alors espérer dans quelque temps une connexion via OpenID, quand celui-ci sera devenu plus mature et plus sûr…
Quand à l’identité web en elle-même, si nos pseudos ou nos adresses IP ne peuvent constituer une réelle identité web, je pense vraiment que l’OpenID peut palier à ce problème.
Voilà, “lachez des comms olol” afin que je sache ce que vous en pensez
.
Notes
[1] voir l’article sur “Wikipedia: l’informatique à la rescousse” par bluestorm sur siteduzero.com
Commentaires
L'identité sur le web ça me ferait vraiment trop chier.
C'est "pallier ce problème", pas "pallier à".
Bonjour, C'est par hasard que je découvre votre commentaire. Une petite rectification : je n'ai pas dit que Wikipédia était une dictature parce qu'y régnait l'anonymat, mais qu'une démocratie ne pouvait pas reposer sur l'anonymat, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. L'identification par adresse IP n'est pas sûre, une adresse IP peut être falsifiée ou usurpée. Autrement nos points de vue ne sont pas si éloignés que cela : un système d'identification plus sûr serait le bienvenu, et tout va dans ce sens. Souhaiter être anonyme pour pouvoir insulter impunément ou dire des âneries : qui veut cela, à part quelques immatures ? Cordialement.
Merci de vos corrections ! @ Laurent Bloch : en effet nos points de vue se rejoignent assez. Je comprends que certaines personnes puissent ressentir un besoin d'anonymat mais au niveau de wikipedia il serait peut-être nécessaire de vérifier plus fortement les points provenant de participants anonymes. Cela éviterait des anneries comme celles faites récemment par un groupe d'étudiants menés par Pierre Assouline rajoutant des erreurs dans les articles pour voir en combien de temps ces erreurs seraient corrigées . De plus, les critiques sur wikipedia se font de plus en plus nombreuses, mais il ne faut pas oublier qu'elle n'est pas la seule encyclopédie comportant des erreurs .
On peut souhaiter rester anonyme sans pour autant vouloir en profiter pour nuire aux autres. Il est idiot de croire que de toute façon l'anonymat protège des poursuites, donc ça n'est de toute façon pas là que se pose le problème.
La vraie question est de savoir ce que nous voulons faire d'Internet. Est-ce vraiment une bonne idée de calquer son organisation sur le reste de la (ou des) société(s), en voulant à tout prix contrôler les identités ? D'accord, peut-être que cela peut rassurer les esprits de savoir que ce sont d'éminents scientifiques, et pas de bas boutonneux, qui collaborent à l'encyclopédie. Quelle différence cela fait-il au fond ? Les éminents scientifiques en question sont le plus souvent les premiers à cracher sur ce nouveau mode démocratique de transmission du savoir - pour preuve, et pour ne citer qu'eux, les personnes que j'ai pu entendre s'attaquer à Wikipédia sur France Culture, fières de pouvoir remettre en question le contenu de l'encyclopédie, mais incapables (si je ne m'abuse) de narrer leur dernière contribution.
Autre question : si un sujet est si particulier, si précis et si pointu que seule une personne au monde peut le modifier, a-t-il vraiment sa place sur Wikipédia ? La personne en question ne ferait-elle pas mieux de publier un livre ou un article détaillé et pédagogique sur le sujet, plutôt que de simplement chercher à remettre à leur place les personnes qui tentent de partager le peu qu'elles ont compris ?
Enfin, qu'espérez-vous vraiment de l'identification ? Pouvoir empêcher les gens de modifier vos contributions par la simple présence de votre nom ?
Maintenant, je ne pense pas trouver parmi les lecteurs de ce blog des détracteurs de Wikipédia en elle-même (sauf peut-être M. Bloch ?). Je sais que certains considèrent sincèrement qu'apposer leur nom à leur contribution pourra éviter le vandalisme. Et si ces personnes elle-mêmes vandalisent (sans le faire exprès) les pages, tout simplement en commettant elle-mêmes des erreurs ?
Un lien qui m'a l'air sympa, et que j'ai pas lu encore (en fait je cherchais juste le début) : http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?2007/10/01/227-deux-approches-wikipediennes-de-la-suppression-d-article
(Nicofrand, ils sont vraiment illisibles tes "captchas anti-spam : trouvez-le-nombre-écrit")
Le critère du bien fondé de la présence d'une information dans une encyclopédie, ce n'est pas qu'elle soit arrivée là démocratiquement, ou qu'elle soit sympa, c'est qu'elle soit vraie, avec pour cette véracité un niveau de confiance aussi élevé que possible. Comment obtenir cette confiance ? Tout le problème est là. C'est alors que la question de la démocratie peut se poser : un processus de décision démocratique peut contribuer à créer de la confiance (il faudra à ce processus de décision d'autres qualités en sus de la démocratie). Un processus anonyme ne paut pas être démocratique, c'est ce que démontre Larry Sanger. Un système où tout un chacun peut, en dernière analyse, dire n'importe quoi sans aucun contrôle, ce n'est pas cela la démocratie.
Qu'il est chouette de tomber sur cet article. Je suis surprise de ce que vous en avez retenu en la visualisant. Ce qu'à cette époque Laurent Bloch a apporté en commentaire est ce que j'avais personnellement ressenti.
Bref, tout petit commentaire sur un bien vieil article. J'étais à la conférence, et elle m'a durablement affectée. Partisante de la liberté d'expression, mais vomissant sur les flicages à tout va, j'ai depuis du mal avec l'anonymat. Néanmoins, il reste la problématique de l'usage de l'information rattachée à un individu, judiciairement, politiquement, dans des cadres où l'abus de pouvoir font de l'un un David qui n'a guère les moyens de se défendre, et de l'autre un Goliath qui a trop de pouvoir.
Par exemple, la femme qui qualifie Nadine Morano de menteuse et se retrouve avec la police et la justice sur le dos, pendant que des représentants de l'état peuvent monter des cabales contre des individus (ex : Maria Vuillet) qui ont cette fois des conséquences potentielles lourdes.
Face à des bruits de couloirs, des proches et moins proches mis en garde-à-vue sous des prétextes limites, éventuellement en laissant les enfants seuls, un climat de peur est de facto installé, et on peut comprendre que l'anonymat soit perçu comme garant de la liberté d'expression, voire hélas... le soit.